Qu’est-ce qu’un symptôme en psychologie ?

Un symptôme peut dans un premier temps être défini comme un conflit psychique entre des tendances opposées. La personne est comme écartelée entre des forces qui tirent en sens contraire. Elle n’arrive pas à choisir par exemple entre des forces conservatrices, qui veulent le statu quo, et des progressistes qui appellent le changement. La personne est comme prise en tenailles. Nous pourrions trop facilement en conclure que la personne souffre, parce qu’elle ne peut pas choisir son camp. Les symptômes psychiques seraient le lot des indécis, de ceux qui ne savent pas faire un choix ou qui doutent constamment d’eux-mêmes.

Malheureusement, ce n’est pas aussi facile ! Il ne suffit pas d’avoir un avis tranché pour se sentir bien dans sa peau. La vie est ainsi faite que nous sommes quotidiennement en proie à des forces contradictoires. Nous sommes invités à trouver notre équilibre entre des vents opposés. La personne tombe malade si elle penche trop d’un côté. Elle devient par exemple excessive, et la force opposée, tout aussi fondamentale, est alors refoulée ou niée. Cette dernière alors se venge en produisant d’une certaine manière un symptôme. Celui-ci se transforme parfois en une demande de consultation en vue de sortir de la crise. La maladie psychique devient alors l’occasion de grandir et d’apprendre à mieux se connaitre en faisant dialoguer ses contradictions.

Dans un deuxième temps, la symptomatologie peut être comprise à partir d’une histoire vécue. Le symptôme a par exemple été tiré par le sujet comme un boulet. À cause de lui, la personne a subi les épreuves de l’exclusion et de la marginalité. Un être en souffrance se disqualifie, ou se sent disqualifié plus facilement par les autres qui représentent la norme. Un psychisme souffrant produit une sorte de tribunal à l’intérieur du sujet générant de la culpabilité ou de la honte. Le symptôme se comprend aussi à partir d’une série d’événements qui sont à l’origine de la maladie. La personne associe avec l’aide de son inconscient une série de souvenirs avec sa souffrance par un lien de cause à effet. La souffrance psychique condense sur elle une série de fragments conflictuels de l’histoire du sujet.

Troisièmement, un symptôme, c’est aussi un objet de désir. Eh oui, il y a beaucoup de bénéfices secondaires, souvent inconscients, à tomber malade ! Un sujet s’accroche parfois à sa souffrance pour ne pas devoir descendre plus bas. La personne alimente du même coup une forme de rapport douloureux à elle-même. Cet attachement au symptôme rend le travail de guérison plus difficile. Cette prise de conscience est cruciale, car nous nous battons la plupart du temps contre de puissantes résistances. Il est donc très important d’aider la personne à prendre conscience de la puissance fantasmatique qui maintient le symptôme à sa place. À ce stade, le travail consiste à réduire certains désirs en des illusions, car certains fantasmes peuvent en effet nous rendre la vie beaucoup plus compliquée.

Il n’est donc pas toujours facile de guérir, et parfois il est même déconseillé de soigner le symptôme par peur de pousser la personne dans le vide. C’est une perspective bien entendu pessimiste, mais il ne faut pas sous-estimer cette information. Nous pourrions alors en conclure que pour certaines personnes, tout le travail consiste à l’aider à prendre conscience que son symptôme, c’est la meilleure chose qui puisse lui arriver. Le traitement consiste à grandir dans l’acceptation de ses souffrances. Je ne suis pas personnellement de cet avis. Je pense que nous pouvons toujours proposer au sujet une défense contre une autre – c’est-à-dire que le sujet peut choisir de remplacer un symptôme par un autre moins invalidant. Il existe toute une série d’identifications qui peuvent par exemple faire suppléance, c’est-à-dire qu’elles offrent au sujet un élément qui fait à la fois partie du problème et de la solution. Cette identité factice est à la fois en lien avec le symptôme et la guérison. Elle est donc une amélioration par rapport à l’état précédent.

Enfin, il existe toute une phénoménologie du symptôme. Ce dernier ne s’exprime pas de la même manière tout au long de la journée. Il a sa manière d’être au monde. Il peut apparaitre et disparaitre à certains moments. Certaines personnes, ou certaines situations sont particulièrement à même de faire apparaitre la dimension désagréable de la symptomatologie. La solution consisterait alors à fuir ce genre de situation déclenchante. Mais nous ne pouvons pas passer notre vie à fuir tout ce qui nous est désagréable. Nous devons, bel et bien, quand cela reste supportable, et que les avantages sont plus importants que les inconvénients, faire avec tel aspect de notre vie ou tel trait de notre personnalité. Il est néanmoins possible, et c’est une des plus grandes vertus de l’hypnose, de changer son rapport à la personne ou à la situation problématique. Nous pouvons avec l’aide de l’hypnose, grâce à une technique d’ancrage, ressentir un profond bien-être en présence de notre pire ennemi. Il faut le vivre, pour le croire!

Jean-Philippe de Limbourg – psychologue clinicien – praticien en hypnose à Liège

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